Une Maître-Provision pour les Pourvoyeurs
Au choix
Homme avec le coeur sur la main et une connaissance impressionante sur les baies, plantes, animaux qui peuplent l'île d'Aubenoire. Pédagogue, il enseigne volontier son savoir au reste de sa communauté et à celles et ceux intéressés. Et, qui ne serait pas interessé par savoir comment remplir son estomac ? Nommé récemment Maître-Provision par son clan, il prend ce rôle très à coeur. Il est né sur l'île et fait parti d'une famille nombreuse. Curieux, il interroge souvent les nouveaux arrivés sur ce qu'il appelle "le monde d'avant". Lui aussi, rêve -secrètement- d'y mettre les pieds. C'est pourquoi il s'interesse grandement aux activités des Navigateurs.
L'homme s'avance sur le ponton. Le vent semble le repousser. Même son pokémon choisit de s'en éloigner. Il ferme les yeux, inspire longuement. Des odeurs dont il ignore les origines et son coeur se met soudainement à s'emballer. Il rouvre les yeux, le regard brillant d'un désir fou. Le désir d'en savoir plus, de découvrir l'au-delà de l'île. Il rêve tant d'étoffer son savoir lui qui en sait tant déjà.
- Allez viens, on rentre, l'enjoint sa femme en lui prenant la main.
Il entend à peine cette voix qui pourtant lui plait tant. C'est le contact de sa peau sur la sienne qui le sort de sa rêverie. Sa tête pivote vers elle, il sourit et l'embrasse tendrement sur la tête.
- Oui, rentrons.
- Ma fille est fièvreuse.. s'il vous plait.
La mère venue le voir l'implore. Ses yeux sont rouges et mouillés, elle n'a pas fermé l'oeil depuis plusieurs jours. Seul l'homme en face de lui peut l'aider. Elle en est persuadée. Sauf que l'homme peut bien peu. Il connait ce mal qui a déjà emporté tant d'hommes, de femmes et d'enfants ces derniers mois. Des mois pendant lesquels il a essayé. Ardemment. Repoussant la fatigue si loin qu'il en a été contraint à l'alitement. Pourtant, il refuse de s'avouer vaincu.
L'aiguilleur avait sous-estimé la tournure qu'allait prendre la météo. Il a frappé à la porte du pourvoyeur. Trempé et grelottant, Sacha, sans même dire un mot, quémandait de l'aide pour lui et ses deux apprentis dont il avait la responsabilité. Auguste les avait bien entendu fait entrer. Délestés de leurs vêtements lourds et mouillés, ils s'étaient enveloppés avec les couvertures qu'Auguste leurs avait donné. Les deux apprentis -tombés de sommeil comme des souches- ont laissé parler le coeur de ces deux hommes. Est née cette nuit là, une grande et sincère amitié.